LE SÉNÉGAL EST-IL ENTRÉ DANS SON MOMENT THERMIDORIEN ?

Mars 2024 fut-il seulement une alternance ou l’ouverture d’une véritable révolution citoyenne ? Deux ans plus tard, la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko oblige à reposer la question. En empruntant à Trotsky la notion de « Thermidor », non comme analogie historique mais comme instrument d’analyse, cet article interroge l’autonomisation progressive du pouvoir présidentiel par rapport au mouvement qui l’a porté. Et derrière les deux hommes, une interrogation plus profonde : l’ancien ordre peut-il se restaurer sans que ses anciens dirigeants reviennent eux-mêmes au pouvoir ?

Une restauration sans restaurateurs ?

Dans ma prime jeunesse, du lycée à l’université, et un peu plus tard, j’ai milité dans une organisation trotskyste, d’abord au Sénégal puis en France.

Il m’en est resté bien des choses, alors même que je ne suis plus depuis longtemps trotskyste au sens militant du terme. Edwy Plenel a parfois parlé, à propos de sa propre trajectoire, d’un « trotskysme culturel ». L’expression me convient assez bien.

J’y vois moins la fidélité à un corpus doctrinal que la persistance d’une disposition intellectuelle, la quête d’un idéal certes. Mais surtout une certaine rigueur dans l’analyse politique, la méfiance envers les évidences et toute doxa, l’attention portée aux rapports de forces derrière les discours et les institutions, et cette exigence fondamentale d’indépendance à l’égard de la raison d’État.

Il m’en est surtout resté une forme de vigilance.

Ne jamais considérer qu’un pouvoir devient juste simplement parce que ceux qui l’exercent furent autrefois du bon côté de la barricade.

Ne jamais renoncer à interroger le pouvoir, surtout lorsqu’il est exercé par ceux dont on a partagé les espérances.

C’est probablement cet héritage qui m’a fait penser, en observant l’évolution récente des rapports entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, à une vieille catégorie de l’analyse trotskyste : Thermidor.

La comparaison est évidemment périlleuse. Le Sénégal de 2026 n’est ni la France de 1794 ni l’Union soviétique des années 1920 et 1930. Diomaye n’est pas Staline, Sonko n’est pas Trotsky et le PASTEF n’est évidemment pas le parti bolchevique.

Ce n’est donc pas une analogie historique que je propose.

C’est une question.

Le Sénégal est-il entré dans son moment thermidorien ?

Thermidor ou la révolution qui devient ordre

Le mot vient du 9 Thermidor an II, le 27 juillet 1794, lorsque Robespierre est renversé avant d’être guillotiné le lendemain.

Mais c’est l’usage qu’en fait Léon Trotsky qui m’intéresse ici.

Dans La Révolution trahie, publiée en 1936, Trotsky tente de comprendre un paradoxe : comment une révolution qui avait bouleversé les rapports sociaux pouvait-elle donner naissance à un système bureaucratique qui éloignait progressivement du pouvoir ceux au nom desquels elle avait été faite ?

Pour Trotsky, le Thermidor soviétique ne signifie pas la restauration pure et simple de l’ordre ancien. C’est même ce qui rend le concept particulièrement intéressant.

La révolution conserve certains de ses acquis, mais perd progressivement sa dynamique politique. Une nouvelle couche bureaucratique s’empare de l’État, éloigne les masses de l’exercice réel du pouvoir et transforme les institutions issues de la révolution en instruments de conservation.

Autrement dit, Thermidor n’est pas nécessairement la contre-révolution. Il peut être la révolution devenue ordre.

Toutes proportions historiques gardées, cette distinction permet peut-être d’éclairer ce qui se joue aujourd’hui au Sénégal.

Mars 2024 : davantage qu’une alternance

J’ai plusieurs fois défendu ici l’idée que ce qui s’est produit au Sénégal en mars 2024 ne pouvait être compris comme une simple alternance électorale.

Des années de mobilisations, de violences politiques, d’emprisonnements, de morts, de frustrations accumulées et de délégitimation progressive du système politique avaient précédé l’élection.

Une génération nouvelle faisait irruption dans l’espace politique.

Elle ne demandait pas seulement le remplacement d’un président par un autre. Elle exprimait une volonté de rupture avec des pratiques politiques, un système de prédation, certaines formes de dépendance économique et, plus généralement, avec la manière dont le Sénégal avait été gouverné depuis plusieurs décennies.

C’est en ce sens que j’ai parlé de révolution citoyenne.

Pas une révolution au sens classique du terme. Il n’y eut ni prise du palais d’Hiver ni renversement violent des institutions. La rupture emprunta la voie des urnes.

Mais Hannah Arendt nous a appris que la révolution pouvait aussi se comprendre comme la capacité collective à produire un nouveau commencement.

Mars 2024 fut, à sa manière, l’un de ces moments.

Le slogan « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye » exprimait quelque chose de cette singularité. Deux hommes semblaient porter une même légitimité politique née d’un même mouvement historique.

Mais ils n’occupaient pas pour autant la même place dans ce mouvement.

Et, deux ans plus tard, cette différence est devenue essentielle.

Quand le mouvement rencontre l’État

Il serait tentant d’expliquer ce qui s’est passé depuis par les caractères des deux hommes, leurs ambitions ou leurs rivalités.

Ce serait probablement l’explication la plus facile.

Et la moins intéressante.

Car derrière Diomaye et Sonko se pose une question beaucoup plus ancienne : que devient une force de rupture lorsqu’elle conquiert l’État ?

L’État n’est jamais une page blanche.

Il possède son administration, ses hauts fonctionnaires, ses procédures, ses habitudes, ses réseaux, ses intérêts constitués, ses partenaires internationaux, ses créanciers et ses contraintes financières.

Max Weber nous avait déjà appris à considérer la bureaucratie non comme un simple accident de l’État moderne mais comme l’une des formes mêmes de sa rationalisation.

Celui qui entre au palais ne s’empare donc pas simplement de l’État.

L’État s’empare aussi, d’une certaine manière, de celui qui entre au palais.

C’est ici que la trajectoire de Bassirou Diomaye Faye devient particulièrement intéressante.

Le candidat de mars 2024 était porté par une légitimité politique largement construite autour d’Ousmane Sonko, du PASTEF et du mouvement populaire qui avait précédé l’élection.

Le président de 2026 dispose désormais d’une autre ressource : la légitimité institutionnelle que confère l’État lui-même.

Il nomme. Il arbitre. Il représente la nation. Il dispose de l’administration et de l’appareil exécutif. Il dialogue avec les chefs d’État, les institutions financières internationales, les investisseurs et les chancelleries.

La fonction présidentielle produit sa propre rationalité. Elle invite à rassurer, à arbitrer, à rechercher des compromis, à élargir sa base politique, à privilégier la continuité et la stabilité.

Elle permet aussi progressivement à celui qui l’exerce de s’autonomiser du mouvement qui l’a porté.

C’est précisément ici que l’hypothèse thermidorienne mérite d’être posée.

Sonko et le processus historique

Il faut ici aller plus loin.

Le slogan « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye » ne doit pas nous conduire rétrospectivement à placer les deux hommes sur le même plan.

Ils ne sont pas à l’origine de mars 2024 de la même manière.

Ousmane Sonko n’est pas simplement l’un des deux protagonistes d’un couple politique qui se serait défait à l’épreuve du pouvoir. Il est celui autour duquel s’est progressivement cristallisé le mouvement politique et populaire qui a rendu mars 2024 possible.

Bien avant l’élection présidentielle, il y eut la construction du PASTEF, la contestation du système, la mobilisation d’une génération nouvelle, les affrontements avec le pouvoir de Macky Sall, les emprisonnements, les morts, la dissolution du parti, puis cette situation politiquement extraordinaire dans laquelle un candidat empêché de concourir parvient à faire élire celui qu’il a désigné pour le remplacer.

On peut apprécier ou combattre Sonko. On peut critiquer ses discours, ses méthodes et ses choix. Cela ne change rien à cette réalité historique : il est la figure autour de laquelle s’est cristallisé le processus de rupture qui a conduit à mars 2024.

Et il continue aujourd’hui à l’incarner pour une partie importante de la société sénégalaise.

J’ai été frappé de retrouver récemment, dans un entretien accordé à Impact.sn, une lecture très proche sous la plume de Boubacar Boris Diop. Il rappelle la popularité exceptionnelle de Sonko et du PASTEF et surtout l’immense espérance que leur irruption a suscitée, bien au-delà du Sénégal, auprès d’une jeunesse africaine qui y voyait la possibilité d’un changement radical par les voies démocratiques.

Cette convergence m’intéresse moins comme argument d’autorité que comme indice : Sonko est devenu davantage qu’un dirigeant de parti. Il est, à ce moment de notre histoire, l’incarnation politique d’un processus qui le dépasse lui-même.

C’est précisément ce qui interdit de le placer symétriquement face à Bassirou Diomaye Faye.

Diomaye appartient pleinement à cette histoire. Il en est même devenu, par l’élection présidentielle, l’incarnation institutionnelle suprême. Mais il n’en constitue pas la source politique.

Le paradoxe de mars 2024 était précisément là : le suffrage universel a confié l’État à un homme dont la candidature avait été rendue possible par un mouvement politique dont la figure centrale ne pouvait elle-même se présenter.

Boubacar Boris Diop le dit d’une manière plus brutale lorsqu’il évoque le « geste seigneurial » de Sonko demandant aux Sénégalais de voter pour Diomaye et le problème de légitimité que cette origine continuerait, selon lui, de poser au président.

Je laisserais de côté la dimension psychologique de cette interprétation. Elle est difficilement démontrable et ce n’est pas mon propos.

Ce qui m’intéresse est sa dimension politique.

En devenant président de la République, Diomaye acquiert nécessairement une légitimité propre. Il dispose de l’appareil d’État, du pouvoir de nomination, de l’administration, de la diplomatie et de toute la puissance symbolique attachée à la fonction présidentielle.

Peu à peu apparaît alors une dissociation entre la légitimité historique du processus et la légitimité institutionnelle de l’État.

Sonko continue d’incarner la première.

Diomaye dispose désormais de la seconde.

Et c’est l’autonomisation progressive de cette légitimité institutionnelle par rapport au processus historique qui l’a portée au pouvoir qui constitue, à mes yeux, le véritable objet de l’interrogation thermidorienne.

Il ne s’agit donc plus de savoir lequel des deux hommes serait le plus fidèle à un pacte conclu entre eux.

La question dépasse largement leurs personnes.

Elle est de savoir si l’État issu de mars 2024 demeure l’instrument du processus de transformation qui l’a rendu possible ou s’il commence à s’en autonomiser.

Car c’est peut-être ainsi que commence Thermidor : non lorsque la révolution est vaincue par ses adversaires, mais lorsque le pouvoir qu’elle a produit commence à s’émanciper du processus historique dont il était issu.

Le moment thermidorien

Parler de Thermidor ne signifie évidemment pas faire de Diomaye un Staline sénégalais. Une telle comparaison serait historiquement grotesque et politiquement inutile.

Le processus qui mérite notre attention est beaucoup plus subtil.

Thermidor commence peut-être moins lorsque les anciens adversaires de la révolution reprennent le pouvoir que lorsqu’une fraction issue de cette révolution considère que sa tâche consiste désormais à stabiliser ce qu’elle avait initialement entrepris de transformer.

Lorsque la stabilité devient progressivement une valeur supérieure à la rupture.

Lorsque le langage du possible remplace celui du changement.

Lorsque ceux que le moment de rupture avait marginalisés retrouvent une place au nom de l’expérience, de la compétence, du consensus ou de la réconciliation.

Et surtout lorsque la raison d’État vient expliquer pourquoi ce qui devait être changé ne peut finalement l’être qu’avec une infinie prudence.

C’est alors que Thermidor cesse d’être un événement.

Il devient un processus.

Une restauration sans restaurateurs ?

Peut-être faisons-nous encore trop attention à Diomaye et à Sonko.

Car la véritable interrogation pourrait être ailleurs : à qui profite la séparation progressive du pouvoir présidentiel par rapport au mouvement de mars 2024 ?

Les élites politiques, administratives, économiques et médiatiques qui avaient été profondément ébranlées par mars 2024 n’ont pas disparu.

Un système politique ne disparaît jamais avec une élection.

Ses réseaux demeurent. Ses habitudes demeurent. Ses intérêts demeurent. Sa culture demeure.

Pierre Bourdieu aurait sans doute parlé ici de la capacité d’un champ à reproduire ses propres règles et à imposer progressivement aux nouveaux entrants les manières de faire de ceux qu’ils prétendaient remplacer.

Il n’est donc pas nécessaire que l’ancien personnel politique reconquière directement le pouvoir pour qu’une restauration commence.

Il suffit que les mécanismes qui structuraient l’ancien ordre retrouvent progressivement leur capacité d’influence.

Voilà peut-être la forme sénégalaise que pourrait prendre Thermidor : une restauration sans restaurateurs.

L’ancien monde n’aurait même pas besoin de revenir au pouvoir.

Il lui suffirait d’apprendre au nouveau pouvoir à gouverner comme lui.

Et c’est peut-être là le paradoxe le plus troublant : la restauration pourrait s’organiser autour d’un président lui-même issu de la rupture.

Ce qui est en jeu n’est pas une crise institutionnelle

C’est pourquoi je persiste à penser, contrairement à une bonne partie des commentaires médiatiques et de la sois disante « société civile », que nous ne sommes pas devant une crise institutionnelle au sens classique du terme.

Les institutions fonctionnent.

Le conflit lui-même se déroule désormais à l’intérieur d’elles.

Ce qui se joue est donc beaucoup plus profond qu’une querelle entre deux hommes ou même qu’un affrontement entre deux institutions.

Il s’agit du devenir de mars 2024.

La révolution citoyenne peut-elle s’institutionnaliser sans perdre sa dynamique ?

Peut-elle devenir pouvoir sans devenir simplement gestion ?

Peut-elle accepter les contraintes de l’État sans devenir prisonnière de la raison d’État ?

Ce sont ces questions, davantage que le feuilleton quotidien des relations entre Diomaye et Sonko, qui me semblent devoir retenir notre attention.

Le SATORI sénégalais

J’avais utilisé ailleurs, en empruntant le terme au roman de Don Winslow, l’image du SATORI pour essayer de comprendre la complexité actuelle du jeu politique sénégalais.

Elle demeure pertinente.

Aucun acteur n’agit dans un espace simple ; chaque décision produit des effets secondaires ; les alliances sont provisoires ; les institutions visibles cachent des rapports de forces plus profonds ; et surtout, le pouvoir réel circule souvent ailleurs que dans les structures officiellement établies.

Diomaye dispose de la légitimité présidentielle et de l’appareil d’État.

Sonko conserve une légitimité populaire et partisane considérable.

Le Parlement possède sa propre légitimité.

L’administration conserve sa capacité de résistance et d’inertie.

Les partenaires internationaux ( FMI et Union européenne) disposent de leurs moyens de pression.

Les anciennes élites observent, attendent et cherchent naturellement les espaces que la rupture entre les deux hommes peut rouvrir.

Et notre vieux masla sénégalais demeure, avec cet art de contourner les contradictions, de différer l’affrontement et parfois de transformer le compromis en manière de ne jamais véritablement trancher.

Personne ne maîtrise donc totalement la partie.

C’est précisément pourquoi Thermidor n’est pas encore advenu.

Thermidor n’est pas encore arrivé

La comparaison avec l’expérience soviétique trouve ici sa limite essentielle.

Dans le Thermidor décrit par Trotsky, la bureaucratie finit par monopoliser l’État et éliminer politiquement ceux qui avaient incarné la dynamique révolutionnaire.

Nous en sommes très loin au Sénégal.

Sonko n’a pas été éliminé de la vie politique. Le PASTEF demeure une force politique centrale. La société sénégalaise reste extraordinairement politisée. La presse, les réseaux sociaux, les organisations citoyennes et les institutions continuent de produire de la contradiction.

Et surtout, le suffrage universel demeure l’arbitre ultime.

Nous ne sommes donc pas dans un Thermidor accompli.

Tout au plus peut-on parler d’un moment thermidorien, cette période particulière où une révolution citoyenne doit affronter ce qu’elle devient lorsqu’elle cesse d’être seulement contestation pour devenir pouvoir.

C’est peut-être même la question politique centrale des prochaines années.

Mars 2024 aura-t-il constitué simplement le remplacement d’une élite par une autre ?

Ou aura-t-il véritablement inauguré un nouveau cycle politique ?

Rester du côté de la question

C’est probablement ici que resurgit mon vieux « trotskysme culturel ».

Non comme nostalgie de ma jeunesse militante.

Encore moins comme fidélité à quelque orthodoxie que ce soit.

Mais comme une méthode.

Celle qui consiste à ne jamais confondre fidélité à une espérance et fidélité à ceux qui prétendent l’incarner. À ne jamais considérer que la critique devient illégitime parce que ceux qui gouvernent furent hier persécutés. À ne jamais abandonner son indépendance intellectuelle à la raison d’État.

Et surtout à regarder derrière les hommes les mouvements plus profonds qui les dépassent.

Trotsky nous invite à regarder ce que le pouvoir fait à la révolution et Weber, ce que la bureaucratie fait à la volonté politique.

Bourdieu, ce que les structures établies font aux nouveaux entrants qui pensent pouvoir simplement les transformer.

Et Arendt nous rappelle que l’essentiel d’une révolution réside peut-être dans sa capacité à préserver la possibilité d’un nouveau commencement.

Ces interrogations convergent finalement vers une seule.

La question n’est donc pas de savoir si l’on est avec Diomaye ou avec Sonko.

Elle est de savoir ce qu’est en train de devenir mars 2024.

Une révolution citoyenne peut-elle s’institutionnaliser sans perdre la dynamique qui l’a portée ?

Peut-elle accepter les contraintes de l’État sans devenir prisonnière de la raison d’État ?

Peut-elle produire la stabilité sans la transformer en conservatisme ?

Et surtout : une révolution peut-elle devenir un État sans cesser d’être une révolution ?

Trotsky pensait avoir trouvé dans Thermidor la réponse tragique à cette question pour la révolution russe.

Mais l’histoire sénégalaise n’est pas écrite.

Et c’est précisément pour cette raison qu’il faut continuer à regarder ce qui se passe sans choisir la facilité de l’enthousiasme ou du désenchantement, sans transformer les hommes en héros ou en traîtres, et sans prendre les nécessités proclamées de l’État pour des fatalités historiques.

Thermidor n’est peut-être pas encore arrivé.

Il est précisément ce qui se joue aujourd’hui.

Quelques repères

Léon Trotsky, La Révolution trahie. Qu’est-ce que l’URSS et où va-t-elle ? 1936.

Hannah Arendt, De la révolution, 1963.

Max Weber, Économie et société, notamment ses analyses de la bureaucratie et de la domination légale-rationnelle.

Pierre Bourdieu, notamment ses travaux sur le champ politique et les mécanismes de reproduction.

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